Dépression : des symptômes à la prise en charge Dépression : quelle prise en charge ?

Peur des antidépresseurs ? Scepticisme face à la psychanalyse ? Les traitements de la dépression sont parfois mal compris. Le point.

Le traitement de la dépression comporte deux volets complémentaires (médicamenteux et psychologique) et intervient à deux niveaux : sur le cerveau grâce aux médicaments, et sur le psychisme grâce à la parole. Il est parfois long, afin d'éviter le risque de récidive. De nombreuses études ont confirmé l'efficacité pour 80 % des malades de l'association médicaments-psychothérapie. De plus, la dépression étant complexe, il n'existe pas une seule méthode. La prise en charge dépend notamment de la gravité de la dépression. Une dépression légère ne sera pas traitée de la même façon qu'une dépression sévère et encore moins qu'une dépression résistante. Elle dépend également du souhait de la personne déprimée et de la personnalité. C'est au cas par cas.

Guérir les déficiences du cerveau...

La dépression s'explique biochimiquement par une mauvaise transmission de la sérotonine, de la dopamine et de la noradrénaline au niveau des neurones du cerveau.

de nombreuses études ont confirmé l'efficacité de l'association
De nombreuses études ont confirmé l'efficacité de l'association médicaments-psychothérapie. © emiliau - Fotolia.com

Les antidépresseurs permettent d'améliorer leur transmission. Il en existe trois formes : les ISRS (inhibiteurs spécifiques de la recapture de la sérotonine), les IMAO peu utilisés, et les plus anciens, les tricycliques.
Ils sont souvent nécessaires pour soulager le mal-être des personnes déprimées mais leur prescription doit être encadrée et sous le contrôle d'un psychiatre si elle est de longue durée. Cependant ces médicament sont symptomatiques uniquement, c'est-à-dire qu'ils ont une action sur les symptômes de la dépression mais qu'ils n'agissent pas sur la cause. Par exemple, lorsque l'on prescrit un antibiotique pour une infection, on sait très bien que le traitement est radical car on a en quelque sorte "tué" la cause. Pour la dépression, en revanche, l'antidépresseur ne "tue" pas la cause, il débarrasse seulement des symptômes (perte de l'estime de soi, tristesse, manque d'énergie, etc.). C'est déjà énorme, mais en cas d'arrêt du traitement, la dépression peut revenir...

... Et agir sur le psychisme

La prescription d'un antidépresseur doit se faire dans le cadre d'une relation thérapeutique et s'accompagner d'un soutien psychologique.
Au choix il peut s'agir d'une psychothérapie de soutien, d'une psychothérapie à orientation psychanalytique, d'une thérapie cognitivo-comportementale, ou d'une psychanalyse. Elles visent à analyser le vécu de la personne déprimée, afin de mettre en évidence les éventuelles cicatrices du passé, de mieux comprendre pourquoi elle est déprimée et surtout de lui faire verbaliser. De plus, elles permettent de soutenir la personne déprimée dans sa guérison.
Les psychothérapies peuvent de faire à l'hôpital, chez des psychiatres et psychologues de ville ou dans des dispensaires gratuits, les CMP (centres médico psychologiques)
. Lire aussi : comment choisir un psy ?

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