Cigarette électronique : une enquête pour évaluer les risques

A la demande de la ministre de la Santé, Marisol Tourraine, une enquête est ouverte afin d'évaluer le rapport bénéfice / risque des cigarettes électroniques.

Cigarette électronique : une enquête pour évaluer les risques
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Elles sont utilisées par des centaines de milliers de Français pour arrêter de fumer. Pourtant, elles ne seraient pas sans risque pour la santé, selon les professionnels de santé. La preuve, les publications scientifiques se multiplient pour montrer les répercussions des cigarettes électroniques sur les voies respiratoires. La vapeur inhalée, qui contient de l'eau, du propylène glycol ou du glycérol, des arômes et de la nicotine ne serait pas inoffensive. Pour l'Agence du médicament, ces cigarettes ont des concentrations en nicotine assez élevées qui font que leur utilisation n'est pas sans risques. En tout cas, il n'existe aujourd'hui aucune preuve scientifique qui validerait l'efficacité de ces produits et aucune preuve non plus qu'ils sont inoffensifs. Selon les pneumologues réunis à l'occasion du 17e congrès de pneumologie en février dernier, il y a tout lieu de penser que la démarche de remplacement des cigarettes industrielles par des e-cigarette constitue une réduction de risque chez les gros fumeurs (un ou deux paquets de cigarettes par jour) et il n'y a pas lieu de l'entraver. "Cependant, du fait des incertitudes, nul professionnel ne peut recommander la démarche car aucun rapport risque bénéfice correspondant aux exigences d'un produit de santé n'a jamais été conduit", rappellent-ils. De plus ils précisent que ces produits peuvent donner l'illusion d'un produit moins toxique et inciter à fumer davantage de produits de tabac. Face à ce flou autour des cigarettes électroniques, Marisol Tourraine, interrogée sur France Info mardi 5 mars, a déclaré avoir "commandé une enquête à ce sujet" afin "d'évaluer les bénéfices et les risques de ce produit qui pose beaucoup de questions" et pour lequel "il faut faire preuve de prudence". De plus, elles ne sont pas vendues en pharmacie car elles n'ont pas d'autorisation de mise sur le marché et ne sont pas considérées comme des médicaments. Elles ne sont donc pas non plus soumises aux tests de sécurité spécifiques. La Ministre de la santé a déclaré qu'elle souhaitait que l'on tranche sur la nature de ces produits : "s'agit-il de dispositifs médicaux ou de produits de grande consommation ?".

EN VIDEO : Marisol Touraine réclame une enquête sur la cigarette électronique