Cancer du poumon : quand le tabac signe sa culpabilité

On estime que la population terrestre fumeuse est de l'ordre de 1 milliard. Le cancer du poumon touche chaque année un million de personne dans le monde. La fumée de tabac contient un nombre important de substances chimiques qui entraînent des mutations génétiques et, à terme, le développement de cancers.

Le tabac est, on le sait, un des principaux responsables des cancers du poumon. Encore faut-il le prouver dans le cadre de chaque cancer du poumon. Ce sera bientôt possible grâce à une équipe de chercheurs britanniques et américains qui a séquencé le génome d'une lignée de cellules cancéreuses (d'un cancer pulmonaire à petites cellules). L'étude des séquences génomiques a permis de mettre en évidence des mutations caractéristiques des ingrédients de la fumée du tabac. Ces molécules du tabac sont déjà connues pour entraîner certaines mutations après s'être liées à l'ADN, mais les chercheurs ont ici prouvé que ces molécules induisaient une mutation spécifique. Ainsi, le malade atteint d'un cancer du poumon n'aura pas les mêmes mutations s'il fume que s'il est non fumeur. 

La découverte de signatures génétiques telles que celle du tabac dans le développement de maladie permettra de prouver, par exemple, les effets du tabagisme passif sur les personnes non fumeuses. Mais à partir de cette technique ce sont aussi des maladies professionnelles qui pourraient être prouvées grâce aux mutations de l'ADN comme dans le cas des intoxications à l'amiante, par exemple. Les pathologies qui n'apparaissent qu'après une longue exposition aux agents environnementaux sont généralement difficiles à prouver comme étant liées à l'exercice professionnel.Mais si leur développement est caractérisé par une mutation génétique spécifique à l'agent cancérigène, la cause exacte sera incriminée.  

Pour en savoir plus : l'article de l'étude dans Nature