J'ai arrêté de fumer grâce à l'hypnose La séance d'hypnose

durant la séance d'hypnose, le patient est dans un état proche du sommeil.
Durant la séance d'hypnose, le patient est dans un état proche du sommeil. © © Yuri Arcurs - Fotolia

Je m'allonge, je ferme les yeux et suis les indications de mon hypnotiseur. Il parle lentement, évoque de nombreuses choses que je viens de lui raconter. Il me dit que je vais me sentir dans un état proche de l'endormissement et c'est vrai : mes sens sont en éveil mais mon corps est comme un poids mort. Je ne veux plus bouger mais je suis consciente de tout. Le médecin évoque des images liées au tabac que je dois enfermer dans une boîte. "Cela ne vous intéresse plus", dit-il. Puis, il me dit de me concentrer sur un moment heureux de ma vie, un état de grâce, même tout petit, qui n'a peut-être duré que quelques secondes. Il me parle de beaucoup d'autres choses, mais je ne me souviens plus de tout. Il finit par insister sur un point : dans les quinze jours à venir, je ne dois pas prendre un seul kilo et faire très attention à ce que je mange. Au revoir les apéros interminables au bord de la piscine pendant les vacances. Et puis il est l'heure de revenir, de sortir de cet état qui n'est autre que de la relaxation profonde.

Je me rassois lentement. Je suis vidée. Le médecin me dit que pendant 15 jours je dois éliminer fromage et charcuterie de mon alimentation. Il ne faut pas que je me décourage en montant sur la balance et pour cela, il m'interdit de prendre un kilo. Il m'indique quelques lectures pour m'aider, du François Roustang et du Boris Cyrulnik, insiste sur l'activité physique à développer, d'aller plus souvent faire des longueurs à la piscine... Et puis voilà, c'est fini. Je me lève, remets mon paquet de cigarettes dans mon sac. Il me regarde, puis je comprends que je dois le laisser ici. Il me demande si cela m'angoisse et je lui réponds "oui". Il me dit alors quelque chose qui ressemble à "la bataille ne fait que commencer". Moi qui croyais que cette séance allait s'apparenter à de la magie, qu'en sortant je vomirai la cigarette... Résultat : j'ai très envie de fumer et je suis léthargique. Le docteur me dit de le tenir au courant. Je suis restée chez lui une heure et quart.

Je rejoins une amie pour prendre un verre. Je commande un Perrier – moi, l'adepte du vin blanc frais – je lui raconte ce qu'il vient de se passer. Elle me demande si j'ai envie de rentrer parce qu'elle me sent très fatiguée. Je lui dis non au début, j'ai juste besoin d'un peu de temps pour sortir de cet état bizarre. Et je finis par céder : je n'ai plus d'énergie, j'ai envie de dormir. Et de fumer. Mais c'est comme si je n'avais même pas à résister. L'envie me vient, puis s'évapore. Je rentre et je dors en me demandant comment vont se passer les jours suivants.

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