Anorexie : le point sur la loi Témoignages : elles se sont sorties de l'anorexie

il peut s'agir au départ d'une simple réflexion d'un proche, qui conduit au
Il peut s'agir au départ d'une simple réflexion d'un proche, qui conduit au régime. Puis c'est l'engrenage. © Piotr Przeszlo - Fotolia.com

Adolescentes ou jeunes adultes, elles sont devenues anorexiques, pour diverses raisons. Après une descente aux enfers typique de la maladie, elles ont fini par surmonter leur maladie et reprendre à la fois du poids et du goût à la vie. Stéphanie, Nathalie et Aurore racontent comment elles se sont sorties de l'anorexie.

Stéphanie : "Je suis devenue anorexique suite à un viol"   

"Je suis devenue anorexique à 19 ans, suite à un viol. Je ne supportais plus mon corps, j'avais l'impression que tout ce que je touchais ou ingérais devenait sale. Je me suis éloignée du monde, je vivais comme dans une bulle.  

 Je ne mangeais rien ou alors je vomissais ce que j'avalais. Je me sentais invincible, toujours en activité. Le jeûne me procurait une sorte d'euphorie et les vomissements me donnaient l'impression de me purifier de l'intérieur pendant quelques instants, avant que j'en arrive à me dégoûter moi-même.  

Après le décès de ma grand-mère, j'ai passé six mois dans un trou noir. Un soir, après une énième crise de vomissement, j'ai eu l'impression de trahir sa mémoire et j'ai décidé d'accomplir ce que je n'avais pu faire de son vivant, c'est-à-dire partir de chez mes parents. Deux jours après, je signais le bail de mon appartement, j'avais le sentiment que c'était la dernière chance de guérir sans toutefois être sûre que cela fonctionne. Mais ça fait un an et demi et je ne regrette absolument pas mon choix !   

Aujourd'hui, il me reste beaucoup de phobies alimentaires et je dois encore prendre quelques kilos, mais je suis bien décidée à continuer à avancer ! M'alimenter n'est plus un calvaire mais j'ai souvent l'impression que, même si la maladie est derrière moi, elle guette la moindre défaillance psychologique pour refaire surface."

Nathalie : "Je me considère en rémission"   

"Je suis devenue anorexique vers 18 ans je crois, petit à petit. Je pesais 48 kilos pour 1,62 m avant. A 20 ans, j'ai perdu 6 kilos en 8 jours suite à une réflexion d'un ami et de ma soeur sur un pantalon que je venais d'acheter (taille 36) et que je ne mettrais jamais selon eux... Je suis descendue à 40 kilos puis à 35 kilos en deux mois. J'ai oscillé entre 35 et 42 kilos pendant 10 ans.   

Je limitais mon alimentation. Pas de graisse, pas de pain, de sucreries, peu de viande, etc. Je faisais beaucoup de gym et je me pesais plusieurs fois par jour. Mon état d'esprit : un combat permanent entre celle que j'appelle "l'autre" et moi. Entre la mort et la vie.   

Le déclic, ce fut une rencontre, il y a 4 ans. Mon meilleur ami et "jumeau" de coeur. Il m'a redonné confiance petit à petit et ne m'a rien laissé passer !
L'affection de ma famille qui n'a jamais prononcé le mot "anorexie" mais m'a toujours soutenue a également beaucoup compté. Enfin, ma santé était devenue trop fragile... Aujourd'hui, je pèse 44 kilos et je mange bien tout en surveillant mon alimentation. Niveau séquelles physiques, j'ai développé une alopécie aiguë. Niveau séquelles psychiques, je continue à lutter quotidiennement contre "l'autre" mais j'ai le dessus désormais."

Aurore : "Retrouver la forme"  

 

"Je suis devenue anorexique à 17 ans car j'avais beaucoup de travail avec le bac et que mes problèmes m'envahissaient. Je côtoyais des danseuses anorexiques. Je regardais avec dégoût les autres qui mangeaient en se faisant plaisir quand moi je calculais les calories, les vitamines de mon assiette. Je pensais à mes repas tout le temps et, durant la journée, si j'étais concentrée, j'avais des troubles de vision. 

Le déclencheur de la guérison, c'est mon médecin, qui m'a interdit de revenir après les vacances à l'école si je ne reprenais pas du poids et que je n'étais pas plus en forme. J'avais un récital de piano et le bac à préparer, du coup je lui ai obéi car je ne voulais pas tout gâcher en étant à l'hôpital.  

Désormais, j'ai une alimentation proche de celle d'avant, hormis le fait que je ne mange plus de viande et peu de poisson. Je fais du sport (piscine) une fois semaine et du yoga tous les matins. L'esprit du yoga me permet d'habiter mon corps différemment et de mieux le sentir se mouvoir. Je me permets une tisane chaque soir avec un morceau de chocolat ou un biscuit diététique. Et un petit dessert une fois par semaine. Sinon je mange beaucoup de fruits, crudités et pas mal de légumes, riz, pain et autres féculents. Je cuisine japonais au moins une fois par semaine. Je n'ai pas mes règles depuis deux ans." 

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