Les cigarettes électroniques motivent les fumeurs à arrêter de fumer

Vapoter régulièrement est efficace pour réduire la consommation de cigarettes et pour encourager les tentatives d'arrêt. Leur utilité comme réel outil de sevrage reste néanmoins discuté.

Les cigarettes électroniques motivent les fumeurs à arrêter de fumer
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A l'occasion du Mois sans tabac, les résultats d'une enquête réalisée sur Internet sont publiés dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Son objectif : évaluer si le vapotage régulier peut conduire à l'arrêt du tabac. Un peu plus de 2000 personnes entre 15 et 85 ans ont été recrutées pour cette étude. Au bout de 6 mois, les personnes ont été interrogées et trois indicateurs ont été étudiés : la réduction d'au moins 50% du nombre de cigarettes fumées par jour, les tentatives d'arrêt d'au moins 7 jours au cours des 6 mois et l'arrêt du tabac d'au moins 7 jours à 6 mois.

Résultats encourageants mais mitigés. Bonne nouvelle, l'utilisation de la e-cigarette incite les fumeurs à réduire leur consommation de cigarettes et à multiplier les tentatives pour arrêter de fumer. Néanmoins, ils ne sont pas plus nombreux à arrêter de fumer définitivement. Dans le détail, l'étude montre que les fumeurs qui vapotent régulièrement (vapo-fumeurs) ont - plus souvent que les fumeurs exclusifs - réduit de moitié leur consommation de cigarettes par jour en 6 mois (25,9% contre 11,2%). Ils ont également fait plus souvent une tentative d'arrêt d'au moins 7 jours (22,8% contre 10,9%). En revanche, à 6 mois, aucune différence significative n'a été observée pour les taux d'arrêt de 7 jours (12,5% contre 9,5%) ou de 30 jours (10% contre 8,5%). En somme, l'efficacité de l'e-cigarette comme outil de sevrage reste en débat.

Vapoter (ou pas) pour arrêter de fumer ? La question suscite la controverse depuis quelques années. Dès leur arrivée sur le marché à la fin des années 2000, les cigarettes électroniques sont devenues populaires. C'est seulement à partir de 2011 que les études scientifiques se sont multipliées de manière exponentielle, avec des résultats contradictoires. Le problème étant surtout l'absence d'étude clinique et le manque de recul à long terme. En effet, en raison de leur arrivée récente sur le marché, aucune donnée à long terme n'est encore disponible pour évaluer si – et dans quelle mesure – elles peuvent être bénéfiques ou nuisibles pour la santé. La revue indépendante Cochrane a conclu en 2016 qu'il y avait peu de preuves pour étayer l'efficacité des e-cigarettes dans l'arrêt du tabagisme mais trop peu d'études pour obtenir une conclusion satisfaisante et solide. Reste que les cigarettes électroniques présentent un espoir pour les acteurs de la lutte contre le tabac. "Ces produits pourraient représenter un atout majeur en santé publique si leur efficacité pour arrêter de fumer et leur sécurité étaient prouvées", concluent les auteurs dans le BEH, avant de préciser qu'il faut que "la recherche s'intensifie dans ce domaine".

En Angleterre, le Public Health England recommande l'utilisation de l'e-cigarette pour les fumeurs qui ne parviennent pas à cesser de fumer avec d'autres méthodes ou qui ne veulent pas arrêter de fumer. En France, le Haut Conseil de la santé publique a publié un avis en 2016 dans lequel il présente l'e-cigarette comme "un outil d'aide à l'arrêt du tabac pour les personnes désireuses de sortir du tabagisme", et comme "un mode de réduction des risques du tabac en usage exclusif", tout en soulignant le risque de renormalisation du tabagisme.

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