Suicide : quelles sont les personnes les plus vulnérables ?

Encore trop souvent considéré comme tabou, le suicide ne fait pas l'objet de suffisamment d'actions de prévention dans le monde. C'est pourtant un problème majeur de santé publique, rappelle l'OMS dans un rapport publié à l'occasion de la journée mondiale de prévention du suicide, le 10 septembre.

Suicide : quelles sont les personnes les plus vulnérables ?
© jochen schoenfeld - 123 RF

Chaque année, près de 800 000 personnes se suicident et beaucoup d'autres font une tentative de suicide, ce qui représente un décès toutes les 40 secondes, déplore l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un rapport publié le 6 septembre. Ces événements tragiques, qui ont aussi des conséquences durables sur les familles, touchent de nombreux jeunes : le suicide était la 2e cause de mortalité chez les 15-29 ans dans le monde en 2015. Il est également fréquent chez les personnes âgées. Selon l'OMS, ce problème de santé publique mondial pourrait être limité via des actions de prévention, "moyennant des interventions menées en temps opportun, fondées sur des données factuelles et souvent peu coûteuses".

Quelles sont les personnes exposées ? L'un des principaux leviers de la prévention est d'identifier les personnes les plus vulnérables au risque suicidaire, en particulier celles qui ont déjà fait des tentatives de suicides et celles qui souffrent de troubles mentaux (dépression, troubles bipolaires…). La dépression est le trouble mental qui est le plus souvent associé au suicide, même si elle est parfois difficile à déceler. Selon un précédent rapport de l'OMS de 2002, 80 % des personnes qui mettent fin à leurs jours présentent plusieurs symptômes de dépression. Néanmoins, les personnes qui souffrent de troubles mentaux ne passent pas forcément à l'acte. La vulnérabilité suicidaire s'explique par d'autres facteurs, comme les prédispositions, les maladies somatiques, les addictions ou les événements de vie négatifs (difficultés vécues dans l'enfance, ruptures, deuils, agressions physiques et sexuelles, etc.). Les facteurs sociaux jouent également un rôle (isolement, précarité financière, chômage…). "De nombreux suicides ont lieu de manière impulsive dans un moment de crise et de défaillance de l'aptitude à faire face aux stress de la vie, tels que les problèmes financiers, une rupture, une maladie ou une douleur chronique, détaille l'OMS. Les taux de suicides sont également élevés dans les groupes vulnérables confrontés à la discrimination, tels que les réfugiés et les migrants, les populations autochtones, les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou intersexuées (LGBTI), et les prisonniers." 

Pour éviter ces drames, l'OMS table sur des actions de prévention, à savoir : réduire l'accès aux moyens de se suicider (pesticides, armes à feu, certains médicaments, par exemple) ; adopter des politiques de lutte contre l'alcoolisme pour réduire l'usage nocif de l'alcool ; traiter le suicide de façon responsable dans les médias ; assurer le dépistage précoce, le traitement et la prise en charge de personnes souffrant de troubles mentaux et de troubles liés à l'usage de substances psychoactives, de douleurs chroniques ou de détresse émotionnelle aiguë. Mais aussi, assurer le suivi des personnes qui ont fait une tentative de suicide et leur apporter un soutien au niveau communautaire.

À ce jour, seuls quelques pays ont inscrit la prévention du suicide au nombre de leurs priorités sanitaires et 28 pays seulement déclarent s'être dotés d'une stratégie nationale de prévention du suicide. Selon l'OMS, il est important de mieux sensibiliser la communauté et de faire tomber ce tabou afin de faire progresser la prévention du suicide.

© OMS

Lire aussi