Alcoolisme : premiers résultats sur la tolérance du baclofène

A haute dose, ce médicament prescrit pour freiner l'envie de boire présente un risque de décès accru, selon une étude de l'Assurance maladie.

Alcoolisme : premiers résultats sur la tolérance du baclofène
© Karel Miragaya- 123 RF

De 2009 à 2015, 213 000 patients ont débuté un traitement avec le baclofène pour soigner une dépendance à l'alcool. Sa tolérance a été comparée avec les autres traitements disposant déjà d'une autorisation de mise sur le marché (acamprosate, naltrexone, nalméfène, disulfiram). 

Selon cette étude de l'Assurance maladie, en collaboration avec l'Agence du médicament (ANSM) et l'Inserm, il y a un réel danger au-delà de 180 mg/jour. De fait, le baclofène utilisé à hautes doses, présente un risque de décès de plus du double par rapport aux autres médicaments. La fréquence des hospitalisations est quant à elle augmentée de près de 50%. En particulier, "le risque d'intoxication, d'épilepsie et de mort inexpliquée (selon le certificat de décès) s'accroît avec la dose de baclofène reçue", précise le communiqué de presse de l'ANSM. Pour des doses entre 75 mg/jour et 180 mg/jour, le risque d'hospitalisation est modérément augmenté (15% par rapport aux traitements classiques), mais le risque de décès est multiplié par 1,5.

Le baclofène est prescrit depuis quarante ans comme relaxant musculaire. Depuis 2014, il peut être prescrit (et remboursé) pour soigner l'alcoolisme, dans le cadre d'une recommandation d'utilisation temporaire (RTU), en attendant une autorisation de mise sur le marché pour cette indication.

Le Pr Olivier Ameisen, cardiologue français, a été le premier à raconter sa guérison contre l'alcool grâce à ce médicament qu'il s'était autoprescrit. En 2008, c'est grâce à son livre témoignage "Le dernier verre", que le baclofène avait été popularisé.

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