Troubles bipolaires : entre rire et larmes, comment s'en sortir ? Des traitements alternatifs émergent

Lorsque les médicaments traditionnels ne suffisent pas ou ne conviennent plus au patient, des techniques alternatives s'offrent à lui. Celles-ci font preuve d'une efficacité prometteuse.

Le tout médicament n’est aujourd’hui plus la seule solution proposée aux personnes bipolaires. D’abord en complément du traitement, puis éventuellement utilisées seules lorsque la personne est stabilisée, certaines thérapies semblent prometteuses. C’est le cas par exemple des Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC). Répartie sur plusieurs courtes séances, cette thérapie permet au patient de déceler des comportements et des pensées inhabituels ou négatifs et à en réduire leur impact sur son humeur.

L'art thérapie permet une
forme alternative de
communication de
ses douleurs. 
© Photoman - Fotolia

Autre technique : la méthode EMDR (désensibilisation et reprogrammation par mouvement des yeux) qui permet dans certains cas d’espacer les phases de la maladie et de diminuer les doses des médicaments prescrits. Le principe repose sur la réalisation de mouvements oculaires pour apaiser le mental après un traumatisme ou des expériences négatives. Depuis juin 2007, la TCC et l’EMDR sont toutes deux recommandées comme méthodes efficaces de psychothérapie par la Haute Autorité de Santé (HAS). De manière générale, "toute thérapie visant à gérer le surplus d’émotions et le stress fonctionne très bien", selon Amélie Clermont, présidente de l’association Bicycle d’aide aux familles d’enfants et d’adolescents ayant un trouble de l’humeur. Au départ, il faut surtout "éteindre le feu des crises et du mal-être"

La guérison par l’art. Pour exprimer et comprendre ses pensées, l’art est parfois une solution. Les personnes atteintes de troubles bipolaires peuvent ainsi suivre des séances d’art-thérapie, où elles pourront communiquer par le dessin, la peinture, la sculpture, la danse, le théâtre, la photographie ou encore la musique. Le but : utiliser ses douleurs, ses émotions refoulées pour construire quelque chose de concret. Une véritable conversation utilisant la parole de l’art s’instaure alors entre le patient et son art-thérapeute.

Une histoire de carences ? En 1999, une première étude menée par le département de psychiatrie de l’école de médecine d’Harvard met en évidence un lien entre carence en oméga 3 (lipides que l’on trouve essentiellement dans les poissons, les noix, les légumes verts ou encore le soja) et troubles bipolaires. Depuis, cette piste continue d’intéresser de nombreux chercheurs. Outre les omégas 3, les carences en vitamine D (synthétisée par l’organisme sous l’effet des UV) et en inositol (présents dans les agrumes, les noix, certaines céréales et les légumineuses) sont pointées du doigt pour leur influence dans les troubles de l’humeur. Des compléments alimentaires et une alimentation équilibrée riche en oméga 3 et en inositol pourraient ainsi contribuer à calmer les symptômes des troubles bipolaires. Raison de plus pour suivre un régime sain et varié !

Sommaire