Troubles bipolaires : entre rire et larmes, comment s'en sortir ? Comment s'en sortir ?

La prise en charge de la maladie commence souvent par la prescription de médicaments, mais ils ne suffisent pas forcément. Un accompagnement psychologique et une bonne hygiène de vie permettent aussi de gérer les troubles.

Aujourd’hui, la majorité des bipolaires suivent un traitement médicamenteux. Premier prescrit : le lithium, un stabilisateur d’humeur qui permet de réguler les crises de manie et de dépression. Des prises de sang régulières permettront de mesurer le taux de lithium dans le sang (la lithiémie) afin d’ajuster au mieux les doses administrées. Sur l’ordonnance, le médecin pourra aussi inscrire des médicaments habituellement recommandés pour soulager les troubles de l’épilepsie (les anticonvulsivants) et des antipsychotiques pour réguler et atténuer les différents types de crise (maniaque ou dépressive). Enfin, un antidépresseur sera aussi éventuellement prescrit en complément mais il ne faudra surtout pas le dissocier du stabilisateur d’humeur pour ne pas risquer de déclencher une phase maniaque. Pour contrôler ce traitement médicamenteux, le suivi régulier par un médecin (généraliste ou psychiatre) s’avère essentiel. En effet, des effets secondaires indésirables peuvent survenir : "pour le lithium c'est surtout la thyroïde et le rein qui doivent faire l'objet d'une surveillance accrue", explique ainsi Christian Gay, psychiatre à la Clinique du Château de Garches. " Les anticonvulsivants peuvent générer des atteintes hépatiques, cutanées et sanguines qui impliquent d'effectuer  un bilan biologique régulièrement. Enfin, pour les antipsychotiques le problème qui prédomine est celui de la prise de poids. "Pour les enfants et les jeunes adolescents : le lithium ne semble pas être réellement efficace. "Les médecins leur prescrivent plutôt de la dépakine, un antiépileptique",  ajoute Amélie Clermont, présidente de l’association Bicycle d’aide aux familles d’enfants et d’adolescents ayant un trouble de l’humeur. 

L'accompagnement thérapeutique des
bipolaires est souvent nécessaire. 
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Cependant, ces composés permettront d’atténuer les symptômes mais pas de traiter les causes profondes de la maladie. En parallèle, la mise en place d’un suivi thérapeutique par un psychologue ou un psychiatre constitue donc un outil indispensable pour apprendre à mieux comprendre sa maladie, à l’accepter et à gérer ses humeurs. La composante psychologique n’est en effet pas à négliger car les dérapages sont nombreux : 50% des cas de bipolarité sont associés à des addictions et 25% à de tentatives de suicide dont 15% sont fatales. 

La thérapie proposée au bipolaire peut comprendre des séances de psychoéducation, une technique qui facilite la prise de conscience et donc une meilleure maîtrise des états bipolaires. Elle reposera par exemple sur la tenue d’un journal des humeurs, sur l’identification des éléments déclencheurs des phases maniaques et dépressives ou encore sur la gestion du stress lié à la maladie. Autre source de soutien : les associations spécialisées ou les groupes de parole, qui peuvent être le lieu idéal pour partager ses préoccupations avec des personnes concernées par les mêmes questionnements.

Enfin, le respect d’une bonne hygiène de vie aidera la personne bipolaire à mieux gérer ses symptômes : "La base est de prendre soin de soi. Éviter tout ce qui peut perturber l'horloge biologique interne et faire attention à son sommeil", conseille le psychiatre Christian Gay. " Il est important d'avoir des routines de vie et de limiter les expositions aux situations de stress". Le bipolaire sera donc encouragé à se coucher et se lever toujours à la même heure, mais aussi à respecter des règles simples pour bien dormir, à pratiquer une activité physique régulière, ou encore à manger équilibré en évitant notamment les aliments excitants (café, thé, cola…), l’alcool et le tabac. 

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