Tabac : et pourquoi pas des bons d'achat pour inciter les femmes enceintes à arrêter ?

Des bons d'achat ont été distribués aux femmes enceintes, à Glasgow, en Ecosse, pour les motiver à stopper la cigarette. Le deal des chercheurs était de proposer l'équivalent de 500 euros contre l'arrêt de la cigarette.

Tabac : et pourquoi pas des bons d'achat pour inciter les femmes enceintes à arrêter ?
© FOTOLIA

Une méthode peu commune, mais apparemment efficace a été mise en place par une équipe de recherche écossaise : distribuer à des femmes enceintes des chèques cadeaux dans divers magasins de jouets et d'habillement pour enfants afin de les inciter à arrêter de fumer. Cette étude, publiée dans la revue médicale britannique BMJ, a été réalisée par des chercheurs des universités de Glasgow et de Sterling sur 612 femmes enceintes et fumeuses habitant Glasgow. 
Le projet s’est réalisé en plusieurs étapes. Des femmes d'un premier groupe ont reçu 400 livres (500 euros) de bons d'achat, si elles suivaient un médecin spécialisé dans l'arrêt du tabac et/ou arrêtaient définitivement de fumer. Les bons étaient distribués ainsi : un premier bon de 50 livres (environ 66 euros) était donné à celles qui acceptaient de rencontrer un professionnel de la santé pour établir une date pour arrêter de fumer. Ensuite, la logique va crescendo, avec la distribution d’un deuxième chèque cadeau de 50 livres pour celles qui réussissaient à ne pas toucher à une cigarette pendant quatre semaines, puis de 100 livres pour 12 semaines et enfin, de 200 livres pour 34 à 38 semaines sans cigarette. Bien évidemment, les participantes ont été contrôlées grâce à des tests salivaires et urinaires pour vérifier qu’elles avaient bien arrêté de fumer. Le second groupe de femmes a profité d'une prise en charge médicale pour l'arrêt du tabac, avec des entretiens personnalisés et un traitement de substitution offert pendant 10 semaines. 
Un bilan concluant. D’après un communiqué de la revue BMJ, un an après le début de l’expérience : 15% des femmes à qui des incitations financières étaient offertes restaient abstinentes contre seulement 4% qui n’ont pas suivi la démarche. Même si les participantes à l'étude étaient issues de milieux défavorisés, les chercheurs estiment que l’incitation financière pour arrêter de fumer fonctionne, quelques soient les conditions sociales.
Une méthode sevrage réaliste ? Même si ces résultats sont encourageants, cette initiative demanderait en réalité un investissement colossal. Mais comme le soulignent les chercheurs, il serait à mettre en balance avec le coût global que représente le tabagisme en termes de méfaits sur les fœtus et nouveau-nés. 

A lire aussi :