Stress, burn-out : comment s'en protéger ? Burn-out : les femmes et les cadres moyens sont les plus touchés

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Les médecins sont-ils suffisamment armés pour prendre en charge la souffrance de leurs patients ? © pathdoc - Fotolia.com

On l'a vu, le burn-out a été décrit au départ chez les professionnels médicaux urgentistes. Encore aujourd'hui, ces professions sont très exposées au stress. Une enquête récente (juin 2012) de l'Intersyndical national des internes des hôpitaux portant sur plus de 7000 internes, issus aux deux tiers des CHU, a montré que les internes travaillent en moyenne 60 heures par semaine et jusqu'à 69 heures en chirurgie. 15 % déclarent avoir "commis des erreurs médicales de prescription, de diagnostic ou d'actes opératoires au-delà de la 24e heure de garde consécutive". En plus du rythme de travail et du manque d'effectifs en personnels médicaux, il faut aussi gérer la souffrance du patient. Et cela alors que les études de médecine n'y préparent pas forcément, ainsi que l'explique Yves-Victor Kamami : "Ses études ne préparent pas un médecin à être "récepteur", à l'écoute du stress et des problèmes personnels de ses patients, prêt à consoler, à rassurer."

Quand le corps dit stop. On sait aujourd'hui que le burn-out n'est plus seulement l'apanage des médecins urgentistes, mais qu'il peut toucher toutes les professions. Plus de trois millions de Français seraient concernés par ce fléau sociétal. Et plus les conditions de travail deviennent difficiles, plus le problème s'aggrave. Les cadres moyens sont d'ailleurs plus souvent touchés, explique le docteur Kamani : "ils dépassent les 35 h par semaine, ils sont surmenés par le temps, on leur en demande toujours plus... Et de plus, comme ils répondent aux ordres d'un supérieur hiérarchique, ils ne sont pas responsables à 100 % de leur travail et donc pas maîtres de leurs tâches". En quelque sorte, il exécutent bêtement ce qu'on leur demande de faire et n'ont pas l'impression de contrôler leur vie. A un moment, l'organisme n'en peut plus et il dit stop. Les femmes sont aussi particulièrement touchées par le burn-out, précise le Dr Kamani. Pas étonnant : de plus en plus impliquées professionnellement, elles doivent gérer vie professionnelle et en même temps les soucis de la vie familiale...

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