Cigarette électronique : quels risques ?

Elle fait de plus en plus d'adeptes parmi les fumeurs qui souhaitent arrêter de fumer. Pourtant, la cigarette électronique ne serait pas complètement inoffensive et les pneumologues s'interrogent.

Cigarette électronique : quels risques ?
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La cigarette électronique  connait de plus en plus de succès auprès des fumeurs qui essaient d'arrêter de fumer. Leur forme rappelle celle de la cigarette classique. Elle fonctionne à l'électricité grâce à une pile en lithium ou en cadmium placée dans son réservoir en plastique. Le principe est le suivant : lorsque l'utilisateur fume son e-cigarette, le liquide contenu dans la cartouche se transforme en vapeur, simulant ainsi la fumée de cigarette. La vapeur émise, appelée aussi "fumée artificielle" ressemble visuellement à la fumée produite par la combustion du tabac. Elle peut être aromatisée et contenir ou non de la nicotine. Les utilisateurs peuvent ainsi conserver le geste du fumeur, tout en évitant de s'intoxiquer. Le hic, c'est que leur utilisation n'est pas sans risques selon l'Agence du médicament. De plus, elles ne sont pas vendues en pharmacie car elles n'ont pas d'autorisation de mise sur le marché et ne sont pas considérées comme des médicaments.

Actuellement, le marché des e-cigarettes se développe de façon exponentielle alors qu'aucune étude n'a montré son innocuité.

Actuellement, le marché des e-cigarettes se développe de façon exponentielle alors qu'aucune étude n'a montré son innocuité. Bien au contraire : les publications scientifiques se multiplient pour montrer les répercussions sur les voies respiratoires. La vapeur inhalée, qui contient de l'eau, du propylène glycol ou du glycérol, des arômes et de la nicotine ne serait pas inoffensive. Une étude grecque récente a notamment montré que l'utilisation des e-cigarettes était suivie d'une moins bonne oxygénation des poumons.

Selon les pneumologues réunis à l'occasion du 17e congrès de pneumologie, il y a tout lieu de penser que la démarche de remplacement des cigarettes industrielles par des e-cigarette constitue une réduction de risque chez les gros fumeurs (un ou deux paquets de cigarettes par jour) et il n'y a pas lieu de l'entraver. "Cependant, du fait des incertitudes nul professionnel ne peut recommander la démarche car aucun rapport risque bénéfice correspondant aux exigences d'un produit de santé n'a jamais été conduit", rappellent-ils. De plus ils précisent que ces produits peuvent donner l'illusion d'un produit moins toxique et inciter à fumer davantage de produits de tabac.
L'e-cigarette n'est pas un médicament en l'absence de données scientifiques prouvant son efficacité. Elle n'est pas, non plus, considérée comme un produit du tabac donc pas soumise à la même réglementation. C'est pour cela qu'elles sont autorisées dans les lieux publics, contrairement aux cigarettes normales. Et c'est ce qui inquiète nombre de pneumologues, pour qui ces produits devraient être encadrés. "Actuellement, rien n'interdit de vendre la e-cigarette aux enfants avec les bonbons dans les superettes, relève un communiqué publié à l'occasion du 17e congrès de pneumologie. Rien n'interdit non plus "qu'un professeur en consomme durant un cours devant ses élèves" et rien n'interdit enfin que "les boutiques spécialisées en fassent la promotion". Il est donc urgent que ce produit soit encadré, conclut le communiqué.
Si la cigarette électronique n'arrive pas à la cheville de la cigarette en termes de toxicité, les experts demandent que toute la lumière soit faite sur ce produit. Un groupe d'experts réunis par l'Office français de prévention du tabagisme (OFT), à la demande de la direction générale de la santé, doit rendre d'ici le mois de juin ses conclusions et recommander des limites à un produit en pleine évolution. A suivre...

EN VIDEO : les professionnels de santé incitent à la prudence avec les e-cigarettes